Lydia Marinelli : 19, Berggasse

3 - Donation de la Maison Freud et fièvre de rénovation pour un centre international de recherches.

berggasseConférences DE L’UNEBÉVUE Samedi 6 février 2010

A la Galerie au premier étage de l’ENTREPÔT

7 à 9 rue Francis de Pressensé 75014 Paris

 

 

L'année 2006 s'annonce chargée et mouvementée à la Berggasse. Alors que le Musée prépare le jubilé pour le 150ème anniversaire de la naissance de Freud, la ville de Vienne achète à prix d'or tous  les appartements du 19,Berggasse et en fait don à la fondation sans octroyer les moyens nécessaires aux travaux de mise aux normes.[1]

La donation ne participe pas d’une initiative généreuse, loin s’en faut, mais d’une stratégie économique  par laquelle les ministères concernés et la ville entendent bien réduire l’apport de subventions publiques .La Fondation devra désormais compter sur le sponsoring.

Pourtant, sans réelles garanties financières de part et d’autre Ingrid Scholz Strasser planifie un projet de rénovation et d'extension de l'espace intérieur qui intéresse les trois niveaux et le grenier de la maison ainsi que l'aménagement total des espaces  extérieurs. C'est un projet pharaonique de 6,2 millions d'euros sur 4ans.

Globalement, le projet de rénovation, tel qu'il est écrit par le comité directeur de la fondation, repose sur trois points forts:

- Transformer le 19,Berggasse en centre de recherche scientifique et interdisciplinaire d'envergure internationale et le doter d'une bibliothèque spécialisée conséquente qui fasse internationalement référence. Favoriser le croisement interdisciplinaire entre la psychanalyse, les sciences cognitives, l'art, l'éthique et les  post - colonial studies.

- Développer les expositions temporaires.

- Compléter la collection d'art contemporain afin que les créations de Joseph Kosuth, Franz West ou Jemny Holzer puissent constituer le point de départ de débats entre psychanalyse et art contemporain.[2]

Il faut  1,2 millions d'euros pour commencer une première tranche de travaux prévue en 2009, mais le ministère n'accorde qu'une enveloppe exceptionnelle de 200 000 euros. La ville prend uniquement en charge les frais de fonctionnement à hauteur de 700 000 euros par an.

Dans la maison Freud l'ambiance est de plus en plus délétère mais les salariés s'organisent et constituent un comité d'entreprise (Betriebsrat) qui recueille 100% des suffrages. Lydia Marinelli est élue déléguée du personnel. Le comité adresse un courrier circonstancié à Bogner, destiné au Supervisory Board. Pas moins de trente points sont déclinés mais le comité de supervision reste inflexible et Bogner conclut à  «  une organisation excellente du Musée Freud ».[3]

Parallèlement se tiennent des discussions entre le ministère de la culture et la municipalité de Vienne à propos d'une réorganisation et d'un probable remaniement du personnel du Musée.

Dans ce même temps, au premier étage du Musée, les visiteurs découvrent une grande exposition,la première sous l'égide de la Fondation Privée intitulée : « die Couch,von Denken im Liegen » et connue en France sous ce titre malencontreux :le divan ou la pensée allongée . Cette exposition est organisée par Lydia Marinelli autour de l'absence du divan de Freud à Vienne, absence emblématique de l'exil.

[1]Norbert Mayer, Sigmund Freud Museum : Baufieber in Berggasse 19, in die Presse 28 012009

[2]Pour une description complète du projet de rénovation voir site de la Fondation Privée Sigmund Freud de Vienne,http: //www. Freud- museum. a/ cms index. php /research.projects..html

[3]Matthias Dusini, Die Glühbirne der Vernunft ist kaputt.Mitarbeiter des Sigmund-Freud-Museums verzweifeln an ihrer Direktorin, in Falter, nr. 8/ 2009

[1]. Ibid

< 2 - La privatisation du Musée                                     4 - Les psychanlystes à Vienne >