Conférences de L'Unebévue 2022
Réveiller les esprits de la terre
par Barbara Glocczewski
débat présenté par Mayette Viltard
Samedi 19 mars 2022 à L'Agora Rue du Père Corentin 75014 Paris
Réveiller les esprits de la terreSamedi 19 mars 2022 à L'Agora Rue du Père Corentin 75014 Paris
À la recherche du devenir femme n/NoireSamedi 6 avril 2019
Au rez-de-chausée de Lucernaire
53 rue Notre-Dame des Champs 75006 Paris
Dix maîtres schizophrènes Samedi 7 avril de 14 à 16h30, à L'Entrepôt 7 & 9 rue Francis de Pressensé Paris 75014
Éclats coupants, Étienne Souriau aujourd'hui
Solange Faladé et la diversité du monde
Revirtualiser la vie
Le cabinet du Professeur Freud
Des espaces d'émancipation et d'expérience
Dans les suites de Dada
Freud à Jérusalem, 1918-1948
Langage et condition humaine
Avant que n’éclate l’affaire Reik en 1925, Freud analysait de nombreux américains qui, appuyés entre autres par Brill, séjournaient parfois plusieurs années à Vienne pour se soigner, approfondir leur formation ou devenir psychanalyste. De retour aux USA, certains d’entre eux s’établissaient en qualité d’analystes non médecins suscitant la réprobation des psychiatres-psychanalystes-neurologues.
Le livre de Freud consacré à la question de l’analyse profane, loin de réduire les tensions, ne fera que les renforcer, installant une division entre les américains et les européens, doublée d’une division entre les européens eux-mêmes. Eitingon et Jones, dans des positions parfois très ambiguës, mais au fond proches des revendications américaines, souhaitaient que la psychanalyse reste une profession médicale.
Aux USA, les exigences de Freud conduisent au contraire les psychanalystes à serrer les rangs et à taire provisoirement leurs différents. L’opposition à l’analyse profane est unanime mais Freud ne lâchera jamais prise, comme l’atteste un courrier, en anglais, adressé au sculpteur américain Jacques Schnier en 1938.[14]
« Cher Monsieur Schnier,
Je ne puis imaginer d’où peut provenir cette stupide rumeur concernant mon changement d’avis sur la question de l’analyse pratiquée par les non médecins. Le fait est que je n’ai jamais répudié mes vues et que je les soutiens avec encore plus de force qu’auparavant, face à l’évidente tendance qu’ont les Américains à transformer la psychanalyse en bonne à tout faire de la psychiatrie (housemaid of psychiatry).
« Bien à vous.
« Sigm. Freud. »
Lehrman partage avec Brill une histoire et des convictions communes. Même si ce dernier est de vingt-et-un ans son aîné, ils sont nés un 12 octobre (1895 pour l’un, 1874 pour l’autre), date qu’ils fêteront ensemble tous les ans, après leur rencontre, jusqu’à la mort de Brill en 1948, soit pendant vingt-neuf ans. Tout deux sont issus d’une famille juive, galicienne pour Brill, russe en ce qui concerne Lehrman. Ils émigrent aux Etats-Unis à l’adolescence et deviennent citoyens américains. Ils parviennent difficilement à faire leurs études de médecine, confrontés à de sérieux problèmes financiers. Brill devient psychiatre en 1903.
Lorsque Lehrman obtient lui-même son diplôme médical en 1918, il occupe un poste d’assistant auprès de Brill au St Lawrence Hospital de New york. Cette rencontre marque le début d’une amitié indéfectible. Parallèlement, l’aîné exerce une forte ascendance sur son jeune dauphin. Il est auréolé d’une réputation prestigieuse pour avoir organisé l’unique et mémorable séjour de Freud aux USA en 1909 et pour avoir surtout obtenu l’autorisation de traduire ses livres en anglais. Même si le résultat est désastreux (toutes les traductions furent revues par Strachey) il est considéré, encore aujourd’hui, comme le premier ambassadeur des théories freudiennes aux USA. Lehrman commence la pratique de la psychanalyse sous sa tutelle, une pratique particulière, jamais interrogée, où les patients se voient régulièrement soumis à une visite médicale préalable, « à la recherche de problèmes cardiaques, d’ulcères, d’allergies, d’asthme, d’appendicites et de tumeurs au cerveau ». [15] Quelque peu fasciné par son mentor, Lehrman adopte une vision et une pratique où la doctrine freudienne est réduite à une technique médicale, pragmatique et adaptative. Brill assure sa promotion et sa réputation, faisant valoir que son protégé « est le premier à introduire la psychanalyse dans un service public ». Il ira même jusqu’à installer son dauphin dans ses propres murs en lui cédant un niveau de son domicile pour une activité privée de « médecin-psychiatre-psychanalyste », ceci dès 1920. Par la suite, le jeune chercheur ambitieux fait une carrière brillante, cumule progressivement les fonctions de médecin et d’enseignant dans des grandes universités pour devenir directeur du service d’hygiène mentale dans un hôpital de New York de 1939 à 1949.
En 1920, alors qu’il est fraîchement diplômé et à peine formé à la psychanalyse, Brill lui conseille de faire une analyse personnelle en Europe, laquelle constitue, selon ses termes, une formation « irremplaçable ».
L’intention de Lehrman, qui a vingt-cinq ans, n’est pas de faire une analyse en Europe mais de la faire avec Freud. Cette ambition est le moteur d’une correspondance avec lui, qui va durer cinq ans, de 1921 à 1926, cinq ans pendant lesquels il n’obtient ni rendez- vous ni séance d’analyse.
En 1926, il se rend seul à Vienne, sans caméra, bien décidé à rencontrer Freud, coûte que coûte et à le faire changer d’avis. Entre temps, celui-ci a été opéré de la mâchoire et les douleurs, quasi quotidiennes, l’obligent à réduire sa clientèle. Il n’oppose pas de refus catégorique, il diffère, évoque des raisons de santé, mais on peut légitimement penser que l’affaire Reik est le véritable motif de sa défiance envers Lehrman et tous les patients américains.
Les réponses épistolaires de Freud aux demandes de Lehrman sont parfois cinglantes et comme souvent, terriblement clairvoyantes.
En août 1926, comme ce dernier lui demande « s’il peut simplement aller le voir » Freud lui écrit sans détour ces quelques lignes en anglais, alors qu’il est en vacances à Semmering, à deux heures de Vienne et niché à mille mètres d’altitude.[16]
Cher Dr Lehrman
Je vois que vous êtes un authentique américain, déterminé à obtenir ce que vous voulez et ne reculant devant aucun moyen pour parvenir à vos fins. Je ne peux pas imaginer que cela vous intéresse de me voir. En tant que vieil homme qui a été très malade et qui vit en retrait, je ne suis pas une grande attraction. Toutefois, si vous ne pouvez pas renoncer à votre désir, veuillez m’appeler dans les prochains jours, à 5h30 l’après-midi, où j’ai toutes les chances d’être chez moi et disponible.
Bien sincèrement. Freud
À la fin de l’été 1926, Lehrman rentre aux USA, très dépité, après avoir néanmoins « vu Freud » conformément à sa demande …
Deux ans après cette première tentative, en mars 1928, Lehrman reçoit une lettre de Freud plutôt encourageante, un peu alambiquée, où celui-ci lui dit « ne pas voir d’obstacle fondamental pour ne pas accepter de le prendre en analyse » (sic) puis il pose ses conditions. L’analyse ne pourra débuter qu’en octobre, à son retour de Semmering, devra se prolonger pendant neuf mois, et le prix de la séance est fixé à 25 dollars. L’américain est invité à apprendre l’allemand.
En mai, il modifie sa proposition. Le début de l’analyse est dorénavant fixé à l’été, non plus à Vienne, mais à Semmering, ce qui, ajoute-t-il « est exceptionnel pour lui ». Il ne manquera pas de mentionner ses problèmes cardiaques et l’éventualité d’une défaillance possible. Cette petite dose de dramaturgie sera suffisante pour pousser la famille new-yorkaise à accepter les conditions, toutes les conditions…
La nouvelle stratégie de Freud par rapport au patient new yorkais n’est pas sans arrière-pensées.
Sa propre situation matérielle est en effet fragile et depuis quelques mois, les sociétés psychanalytiques américaines sauvent le Verlag (les Editions Internationales) d’une faillite certaine par l’injection importante et régulière de dollars.
A la fin du mois de juillet, le couple Lehrman et ses deux enfants, Lynne, deux ans et Howard, six ans, s’installent à l’hôtel Südbahn, juste à côté de la villa Schüler que Freud a louée pour l’été. Lehrman arbore le tout dernier modèle d’une caméra 16mm Bell & Howell.
[14] Lettre de Freud à Jacques Schnier du 5 juillet 1938 in : E.Jones, op. cit ., p. 342.
Ultérieurement, Jacques Schnier, très inspiré par Jung, publie un essai critique sur le symbolisme dans l’art.
Jacques Schnier, « Art Symbolism and the Unconscious », in: Journal of Aesthetics and Art Criticism, V12, n°1, USA, édit.Thomas Munro,September 1953, 2011.
[15] Lynne Lehrman Weiner, op.cit., p.12.
[16] Lettre de Freud à Lehrman du 10 août 1926.
Les 19 lettres et télégrammes de Freud à Lehrman sont publiés en dernière partie du livre de Lynne Lehrman Weiner, pp. 195-211.
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Devenir idiot
Gender théologie
ÉROS-ROSÉESamedi 14 mars 2015
Problèmatiser l'hétérosexualité
Cartes et lignes d'erre
LA LINGISTIQUESamedi 23 MAI 2015
DELEUZE, LES MOUVEMENTS ABERRANTS
À propos de "Qu'est-ce que l'écosophie ?"
Le parlem du caporal LortieSamedi 1er février 2014 à L'Entrepôt 7 à 9 rue de Pressensé 75014 PARIS
Science des rêves et science des revuesSamedi 7 juin 2014
à L'Entrepôt 7 à 9 rue de Pressensé 75014 PARIS
Psychanalyse & pulp-fiction lesbien
Une machine... bambina !7 février 2009 - Maison de l'Europe
ÉDOUARD GLISSANT PHILOSOPHE, ÉCRIVAIN ET POÈTE
Ninette SUCCAB.
in L'unebévue N° 26 : Rhizome, carte, noeud Bo, Rhizome et création, une poétique, p 11.
Je vais débuter cette journée en faisant une courte présentation de notre invité Edouard Glissant, en choisissant de mettre en exergue, une des injonctions qui surgit à plusieurs reprises dans le corps de son texte.
« Agis dans ton lieu, pense avec le monde! »
Le poème Californie d'Eleni Sikelianos
Alfred Döblin et les hamçons bavards Samedi 2 février 2013
à L'Entrepôt 7 à 9 rue de Pressensé 75014 PARIS
Une petite machine asignifiante
Psy, Sex, and PolSamedi 15 janvier 2013 à L'Entrepôt 7 à 9 rue de Pressensé 75014 PARIS
La caméra et les signes
Le crâne de LacanSamedi 6 avril 2013 à L'Entrepôt 7 à 9 rue de Pressensé 75014 PARIS

par Sylviane Lecœuvre
Qu'est-ce qu'un appareil ?Débat animé par Mayette VIltard
à L'Entrepôt 7 à 9 rue de Pressensé 75014 PARIS
La caméra de Lehrman et le divan de Freud
Freud et ses vieilles divinités dégoûtantes
Lydia Marinelli, 19 Berggasseà L'ENTREPÔT
7 à 9 rue de Pressensé 75014 Paris
Métro Pernety
19.03.2011
La question de l'essentialisme a fait rage en anthropologie et dans les études culturelles des années 1990. Je persiste encore aujourd'hui à accepter dans la définition de l'identité comme fluctuante et constellée de réseaux de connexions, un aspect essentialiste à partir du moment où il est le propre d'une ontologie indigène : en tant qu'anthropologue, « déconstruire » la réalité pour la comprendre ne peut pas selon moi consister à rejeter les systèmes d'interprétation du monde des gens que nous étudions. Il est trop facile et même arrogant de taxer ces systèmes de croyances, ils sont plutôt des outils de perception et d'appréhension du monde dont l'efficacité symbolique se mesure à la manière dont ils s'articulent avec d'autres systèmes, notamment les pratiques d'actions sociales.
Une des vocations des sciences sociales reste bien d'essayer de situer ces systèmes d'interprétation dans des réseaux comparables surtout par rapport à d'autres énoncés qui, selon la manière dont ils sont connectés entre eux, vont en effet donner cette impression très fluide et toujours en redéfinition des identités.
S'il est difficile de parler de ces questions depuis vingt ans, c'est sans doute parce que nous sommes attachés à un vieux paradigme : le nationalisme. Chaque fois que les gens parlent d'identité, ils pensent à des murs culturels. Pourtant ce qui vient comme une leçon des peuples indigènes et particulièrement du Pacifique - où la survie est liée à la préservation de la diversité culturelle par l'échange - est que nous assistons à une rencontre entre le monde des diasporas et des technologies contemporaines avec de très vieilles façons de fonctionner qui ont produit de nombreuses langues et manières d'être à travers la danse et le parole, mais en suivant des courants sous-jacents qui liaient les gens. C'est grâce à ces flux qu'une telle diversité culturelle a pu s'épanouir - tout comme la biodiversité de l'environnement. Ces modèles ancestraux rencontrent aujourd'hui un moment de l'histoire sur une scène techno-ethnique que nous appelons la globalisation, en pensant que celle-ci signifie une seule nation assimilatrice. Or si le rouleau compresseur d'un ogre machinique emballé dans son auto-organisation déploie bien des moyens de plus en plus violents tant physiquement que psychiquement pour nous déstabiliser, nous sommes aussi traversés et constitués par des flux en réseaux qui recréent sans cesse des singularités de résistance à l'amalgame. Des penseurs - comme Deleuze et Guattari - ont pressenti l'accélération de cette révolution où les tendances « identitaires » et « nationalitaires » ne produisent pas nécessairement de la xénophobie et du nationalisme : ils ont théorisé la fabrication de réseaux ouverts (networking) dont ils ont eu l'intuition par leurs analyses du capitalisme et de la décolonisation, mais aussi par leur interrogation systématique des processus de pensée. Ils ont aussi montré que cette intuition cognitive habitait déjà des penseurs plus anciens, que ce soit Vico, Whitehead ou Tarde. Les peuples autochtones nous apprennent aussi comment questionner ces processus de subjectivation. Les exilés et les migrants qui vont de par le monde à la recherche d'un territoire existentiel explorent de nouvelles voies pour leur réancrage .
extrait de l'« Introduction » à l'ouvrage Le défi indigène. Entre spectacle et politique, sous la direction de Barbara Glowczewski et Rosita Henry, éditeur Aux lieux d'être, 2007.
Géraldine Le Roux
[…] Pourquoi des performances artistiques ?
L'engagement culturel des artistes a contribué à la reconnaissance des arts aborigènes et à la réorganisation des structures chargées d'administrer le marché de l'art australien. Bien que ces évolutions aient eu des conséquences directes sur la représentation de l'art et de l'identité aborigène, certains artistes comme ceux de ProppaNOW considèrent que l'art aborigène reste encore cantonné au système mercantile qui le vide de sa substance intellectuelle, politique et émotionnelle. Face à l'incompréhension du public vis-à-vis de la culture aborigène, des artistes ont donc adopté des attitudes de plus en plus performatives pour engendrer un nouveau lien entre l'œuvre d'art et le spectateur. L'objectif de ces performances est de créer une émotion à la fois intellectuelle et physique qui entraînerait le spectateur et l'artiste vers un processus de reconnaissance et de responsabilité mutuelles. […]
La première exposition que j'ai organisée en France s'intitulait L'art urbain du Pacifique et avait notamment comme objectif « de rompre avec les clichés associés aux cultures océaniennes - trop souvent perçues à travers les prismes de la tradition ou du regard colonial - en présentant l'avant-garde artistique australienne et néo-zélandaise ». Les artistes australiens et néo-zélandais sélectionnés travaillent différents médias avec une nette prédominance pour la photographie numérique, la vidéo et les installations. La citation, l'appropriation, le travestissement, le collage et le photomontage sont des techniques récurrentes qui permettent à ces artistes de dénoncer avec humour les clichés dont ils sont victimes […]
Extrait de « Tactiques urbaines et performances artistiques » in Le défi indigène.
Géraldine Le Roux a été également co-commissaire de l'exposition La revanche des genres, organisée à Liège en 2007.
« […] Le paradigme de toute exposition de groupe est de présenterà la fois la singularité du travail de chaque artiste et ses liens intrinsèques avec d'autres expériences artistiques, sans toutefois les marginaliser ni les transformer en icônes culturelles. Consciente de la difficulté de cette tâche, j'ai cherché à m'associer à diverses personnes pour engendrer de nouvelles idées, explorer de nouvelles pistes de réflexion. Cette pluralité de conception n'aurait pu être respectée sans l'utilisation de documentaires vidéos dans lesquels les artistes s'expriment, de sites internet qui présentent d'autres logiques curatoriales, de conférences et de tables rondes ainsi que ce catalogue écrit à plusieurs mains. : artistes, conservateurs, anthropologues, curators, images. Ces documents permettent d'expliquer le rapport que les artistes ont avec leur terre d'origine et leur terre d'accueil. Tout est lié et chaque élément crypté détient un certain savoir qui ouvre à son tour une nouvelle porte d'accès à un savoir. La dynamique du mouvement, la navigation mentale et réticulaire dont parle Barbara Glowczewski dans son article sont essentielles pour comprendre le travail de ces artistes. Mon point de départ fut donc une pensée de la multiplicité, que j'ai tenté de mettre en image en dépassant une conception de l'écriture régie pas des oppositions binaires : science et art, parole et écriture, spécialistes et visiteurs, art contemporain et art dit premier. L'objectif de l'exposition est de ne pas réduire les œuvres des artistes à des représentations fixes mais d'exposer différentes réalités symboliques et sociales qui lient les histoires du passé, du présent et du futur. Cette exposition a pour but d'ouvrir des pistes de réflexion esthétique sur la démultiplication des interfaces reliant les frontières entre nous-mêmes et les(s) monde(s) pour appréhender les liaisons qui se tissent entre l'extérieur et l'intérieur de soi, entre l'organique et l'inorganique, entre le réel et le virtuel, quitte à utiliser l'interstice de l'écran pour plonger dans l'immensité désertique ou dans le paysage télévisuel du racisme ».
Extrait de « La question de la re-présentation en Australie et dans l'exposition La revanche des genres ». La revanche des genres. Catalogue de l'exposition, Aïnu éditions, 2007.
Lacan
La question de la terminaison de l’analyse est celle du moment où la satisfaction du sujet trouve à se réaliser dans la satisfaction de chacun, c’est-à-dire de tous ceux qu’elle s’associe dans une œuvre humaine[...] la fin de l’analyse didactique n’étant pas séparable de l’engagement du sujet dans sa pratique. Qu’y renonce donc plutôt celui qui ne peut rejoindre à son horizon la subjectivité de son époque.
Extrait de “Fonction et champ de la parole et du langage”, Écrits, 1966.
Quelques livres
Le défi indigène. Entre spectacle et politique. sous la direction de Barbara Glowczewski et Rosita Henry, éditeur Aux lieux d'être, 2007.
La revanche des genres. Catalogue de l'exposition, Aïnu éditions, 2007.
Guerriers pour la paix. La condition politique des Aborigènes vue de Palm Island, de Barbara Glowczewski (avec une contribution de Lex Wotton), Indigène éditions, Montpellier, 2008.
Chaosmose, Félix Guattari, Galilée, 1992
L’empreinte, Didi-Huberman, Catalogue exposition centre Pompidou, 1997.
L’invention du quotidien, Michel de Certeau, Gallimard, 1990.
Rhizome, carte, nœud bo, L’Unebévue, Revue de Psychanalyse, N°26, 2009.
L’Objet-machine, L’Unebévue. Revue de Psychanalyse, N°27, 2010.
à La Galerie, au premier étage de l'ENTREPÔT
7 à 9 rue de Pressensé 75014 Paris
de 14H à 16H30
Métro Pernety
Les liens des Freud avec les Bernays ? Eh, bien… Martha Bernays, la femme de Freud, et Minna Bernays, sa belle-sœur !... Et l'oncle, celui qui a écrit sur la Catharsis. Jacob, c'est ça! Mais alors, Michael, qui était-ce ? Et vous dites Eli ? Ah, Ely ! Et Hella ? Il y avait aussi un Berman ? Mais de qui est-il le frère ? Et... attendez, vous ne voulez pas dire que celui qui a inventé les public relations aux États-Unis c'était le neveu de Freud ? La propagande ?...
On sait tellement déjà, que confrontés à un problème précis on s'aperçoit que l'on ne savait pas grand chose. S'agissant des Bernays, une fois que l'on a parlé de Martha et de Minna, - et souvent en termes assez généraux - les noms et les idées s'embrouillent. Et si cette «embrouille » faisait partie du problème ? Celui que nous pose la présence des proches de Freud dans l'invention et l'élaboration de la psychanalyse, et pas seulement la présence de leur nom dans ses textes. Ce n'est pas tant d'être mieux informés qu'il s'agit, mais de faire une lecture de ce savoir circulant, ouvert à tous, et qui repoussé dans les marges par les discours « méta » revient dans la psychologie people.
À plusieurs reprises déjà, Superflux s'est mêlé de la vie de ses super-personnages préférés, allant même jusqu'à s'inviter à la table du petit déjeuner chez les Freud. Le numéro 2 de Superflux avait ainsi traduit et publié un texte d'Alexander Freud datant de 1900, édité en 2002 comme l'un des textes-sources du livre Traüme nach Freud de Lydia Marinelli. Dans ce texte légèrement ironique, et même critique, à l'égard de l'invention que venait juste d'officialiser son frère Sigmund en publiant L'interprétation des rêves, Alexander Freud parle, mais à sa façon, de plusieurs personnages d'ordinaire discrets des textes freudiens, comme Emma ou le Dr. Königstein. Et voilà qu'à travers ces évocations, plusieurs saynètes de L'interprétation des rêves s'animent autrement, plusieurs dires freudiens trouvent leur place, et des débats qui nous paraissaient secondaires se chargent d'une valeur nouvelle, ou flèchent un détail jusque-là invisible.
Comme dans les portraits de Picasso, la juxtaposition de visages éclatés ouvre ce qui se présente le plus souvent aujourd'hui à nous tel un mur: les textes analytiques ressassés, commentés trop souvent sans méthode, dans la lettre desquels tant de pas de tant de promeneurs parfois distraits ont tracé les ornières que nous empruntons à notre insu. En recherchant des documents pour justement construire une lecture, on constate quel formidable enjeu idéologique constitue la multiplication de ces présentations dans lesquelles les personnages « secondaires » de la psychanalyse, les lieux, les voisins, les journaux, les portraits, les expositions, etc. prennent vie. Cette expérience est déjà familière aux lecteurs de L'unebévue et de l'Unebeweb. Elle est particulièrement sensible lorsque l'on travaille non plus seulement avec les bibliothèques mais aussi avec Internet. Sur la toile, textes, sons, images, cinéma, vidéos sont le matériau d'un remaniement constant dans leur arrangement, leur présentation, comme parfois dans leur contenu.
Il n'y a « d'histoire de la psychanalyse » que celle en acte dans chaque séance. Cela laisse chacun responsable de garder vif le souci de la méthode mise en jeu pour parler de ce qui l'a précédé. En présentant les portraits de proches avec Freud, Thérèse Réveillé actualise ces questions et invite à les problématiser.
Thérèse Réveillé a travaillé aux Éditions Des femmes et milité au MLF puis à l'Alliance des Femmes d'Antoinette Fouque. Ella a été parallèlement journaliste et conceptrice-rédactrice. Elle a co-traduit notamment :
- en 1991, Se libérer de la peur d'Aung San Suu Kyi, leader du mouvement démocratique birman
- en 1992, La Palestine vue de l'intérieur d'Hanane Ashraoui, négociatrice de la Paix avec Israël des années 1990, puis ministre de l'Enseignement de Yasser Arafat
- en 1993, Backlash de Susan Faludi, enquête sur l'antiféminisme conservateur des années Reagan.
- en 1994, Femmes, manifestez-vous de Taslima Nasreen, textes politiques contre l'islamisme au Bangladesh.
Participation aux frais 10€ (étudiants ou autres : 5€).