Rencontre avec Édouard Glissant

Place publique du 7 février 2009, Maison de l'Europe, Paris.

Jean-Louis Sous

 

Cf : L'unebévue N° 26 : Rhizome, carte, noeud Bo, Rhizome et création, une poétique, p 11.

J'ai été sensible dans votre livre à la question de la dette et de la réparation que l'on pourait exiger de l'état-nation ou colonisateur. Il me semble que vous la traitez dans la beauté d'une certaine tension. Je vais me permettre de vous citer pour essayer d'entrer dans ce point vif : vous écrivez ceci, à la page 29 de votre livre :

«Faut-il au contraire exiger créance, réclamer la dette, peser l'usufruit ? Cette dette en quelque sorte doit être acquittée...»

Ici, Edouard Glissant dit «oui, mais ça concerne l'Afrique»

«Ce n'est pas faire aumône ni acte de réparation. Il nous semble que la réclamation inlassable d'un dédommagement (ou encore d'une repentance) empêcherait de penser ou de faire autre chose».

Ce n'est pas sans interroger ce que la psychanalyse a pu dire ou pourrait dire de cette figure de la dette...