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CLINIC ZONES

 

La prochaine session se tiendra à Marseille

 

les 10 et 11 Octobre 2020.

 
Le samedi de 9h à 12h 30 et de 14h 30 à 18h
Le dimanche de 9h à 12h et de 14h à 16h
 Au
  Radisson Blu Hotel, Marseille Vieux Port
38-40 Quai Rive neuve
13007 Marseille 

PLACE PUBLIQUE

Penser avec Karen Barad

ANNULATION Covid19

barad i

Le workshop "Karen Barad" est reporté sine die

 

 

 

Programme 2020 :
Menthe à l'eau, Ciné, Conférences de l'Unebévue, Workshop

 

WORKSHOP 2020

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Penser avec Karen Barad

Annulation COVID19 et report ine die.

de 9h30 à 12h et de 14h à 16H30

à L'Agora 64 rue du père Corentin 75014 Paris

Métro ligne 4 Porte d’Orléans Bus 38 et 92 Tram T3a

participation aux frais pour chaque demi-journée: 10€ - tarif réduit 5€

Publication du Cahiers de L'unebévue : À la rencontre de l'univers, KarenBarad.

 

 
Pourquoi les planètes ne parlent-elles pas ?

 

Vous ne pouvez pas vous imaginer que j’en ai été tellement content d’en être arrivé là. Parce que toujours il y a une petite tendance à raisonner, des hommes et du monde humain, comme s’il s’agissait de lunes. C’est en somme le calcul de leurs masses, de leurs rapports, de leur gravitation qui est en fin de compte le dernier mot de ce qu’il s’agit. Il ne faut pas croire que c’est une illusion qui nous soit, à nous savants, particulière : c’est très tentant, et même très tentant tout spécialement pour les politiques. Il y a des ouvrages oubliés, comme ça, un ouvrage qui n’était pas spécialement illisible, parce qu’il n’était probablement pas de l’auteur qui l’avait signé, qui s’appelait Mein Kampf, qui a perdu beaucoup de son actualité. À travers tout Mein Kampf, je pense que vous vous souvenez, c’était d’un nommé Hitler, on y parlait des rapports entre les hommes comme de rapports entre des lunes et nous sommes toujours tentés de faire une psychologie, une psychanalyse de lunes. Qu’elles soient réelles, c’est je crois la première raison : qu’elles soient intégralement réelles, qu’il n’y ait en principe chez elles absolument rien qui soit de l’ordre d’une altérité à elles-mêmes, qu’elles soient purement et simple- ment ce qu’elles sont, et qu’on les retrouve en fin de compte toujours à la même place, c’est là un des premiers points essentiels pour lesquels les étoiles ne parlent pas. Car c’est bien dans ce « toujours à la même place » que réside le fait de tout ce qui va se développer par la suite, à savoir qu’en fin de compte il suffisait de s’en apercevoir, si je puis dire, pour donner toute sa rigueur au fait que ce sont des réalités Enfin quand même, enfin Newton vint. Et il y avait déjà un moment que ça se préparait. Parce que si l’histoire des sciences vous intéresse, vous pourrez voir qu’il n’y a pas de meilleur exemple que l’histoire des sciences pour savoir à quel point le discours humain est universel. C’est–à–dire qu’on est à se demander pourquoi en fin de compte il faut le regarder à la loupe pour bien se rendre compte pourquoi il y a eu une fin du fin qui part de l’homme, l’astucieux des astucieux, et a fini par donner la formule définitive de ce que tout le monde brûlait depuis un siècle, autour de ce dont il s’agissait, à savoir, en fin de compte : les faire taire. Et Newton y est définitivement arrivé. Nous sommes tranquilles de ce côté-là, les planètes et tout ce qui les concerne, tout ce qui rentre dans le champ unifié, ne parlera plus jamais, parce que ce sont des réalités complètement réduites au langage. En fait, chaque fois que nous avons affaire à un monde où reste un résidu de la notion d’action… d’action véritable, authentique, de ce quelque chose de nouveau qui surgit d’un sujet, et il n’y a pas besoin pour cela que ce soit un sujet animé… chaque fois qu’il s’agit d’une action comme telle, nous nous trouvons devant quelque chose dont seul notre inconscient est à ne point s’effrayer. Car au point où se poursuivent actuellement les progrès de la physique, on aurait tort de s’imaginer que c’est couru d’avance, que pour le tout petit, l’atome, l’électron, on leur a déjà rivé leur clou. Pas du tout ! Mais il est bien clair que c’est du côté du langage qu’il se produit quelque chose de drôle. C’est à quoi se ramène le principe d’Heisenberg. C’est que quand on peut préciser un des points du système, on ne peut pas formuler les autres. Quand on parle de la place des électrons, quand on leur dit « tenez-vous là, restez toujours à la même place » on ne sait plus du tout où en est ce que nous appelons couramment leur vitesse. Qu’inversement, si on leur dit « et bien entendu, vous vous déplacez tout le temps de la même façon » on ne sait plus du tout où ils sont. Ceci, bien entendu, je ne dis pas qu’on va rester toujours dans cette position, quand même éminemment persiflante. Mais c’est peut–être ce qui, jusqu’à nouvel ordre nous donne l’idée que puisqu’on ne peut pas unifier le champ du langage, eh bien, jusqu’à nouvel ordre, nous ne pouvons dire qu’une chose : c’est qu’ils ne répondent pas là où on les interroge. Plus exactement, que du fait de les interroger quelque part, il y a à ce moment-là l’impossibilité de les saisir dans l’ensemble. Bien entendu, la question n’est pas tranchée de ce seul fait qu’ils ne répondent pas. C’est même peut-être que justement il peut y avoir ce qu’on appelle une véritable réponse, c’est-à-dire quelque chose qui… ce n’est pas douteux, on n’est pas tranquille… un jour peut nous surprendre, de sorte qu’en fin de compte pour ne pas parler de mysticisme je ne vais pas vous dire que les atomes et les électrons parlent. Mais, pourquoi pas ? Tout se passe comme si. Il est très certain, en tout cas, que la chose serait complètement démontrée à partir du moment où ils commenceraient à nous mentir. Si les atomes pouvaient nous mentir, c’est-à-dire jouer avec nous au plus fin, nous serions absolument convaincus, à juste titre. Vous touchez là du doigt, de quoi il s’agit, des « autres » en tant que tels, et non pas simplement en tant qu’ils reflètent notre catégorie a priori et toutes les formes plus ou moins transcendantales de notre intuition. Enfin c’est – Dieu merci ! – des choses auxquelles nous aimons mieux ne pas penser. Si un jour ils commençaient sur ce plan-là, c’est-à-dire qu’ils nous foutent dedans, vous voyez où on irait ! On ne saurait véritablement plus où on est ! C’est le cas de le dire ! Et c’est bien à cela que je faisais allusion la dernière fois, à quoi pensait tout le temps M. Einstein, qui ne ces- sait pas de s’en émerveiller, à la vérité. C’est une phrase à laquelle on aurait tort de ne pas donner toute son impor- tance, tout le temps il rappelait au monde que : « Le Tout-Puissant est un petit rusé, mais il n’est certainement pas malhonnête ». Et c’est d’ailleurs la seule chose qui permette, justement…parce qu’il s’agit là du Tout-Puissant non physique… de faire la science, c’est-à-dire en fin de compte de le réduire au silence, le Tout-Puissant. C’est bien autour de cela que M. Einstein est resté à méditer, pas jusqu’à ses derniers moments, mais très longtemps. Et il a éprouvé le besoin de le rappeler à tout le monde. Ceci, nous pouvons l’éclairer de mille façons. J’ai essayé de vous montrer ces vérités premières par le chemin le plus court, mais la question est de savoir si… quand il s’agit de cette science humaine par excellence qui s’appelle la psychanalyse… si notre but et notre fin est d’arriver au champ unifié, est d’arriver à faire de l’homme et des hommes, des lunes, et si nous ne les faisons tellement parler que pour arriver à les faire taire. La question est tout à fait essentielle.

Lacan. Le Moi, Séance du 25 mai 1955


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Être enchevêtré ce n’est pas seulement être entrelacé avec un autre, comme dans l’assemblage d’entités séparées, mais c’est ne pas avoir d’existence indépendante, autonome. L’existence n’est pas une affaire individuelle. Les individualités ne préexistent pas à leurs interactions ; les individualités émergent plutôt à travers et comme faisant partie de leur intra-relation enchevêtrée. Ce qui ne veut pas dire que l’émergence se produit une fois pour toute, comme un évènement ou comme un processus qui prend place selon une mesure extérieure de l’espace et du temps, mais plutôt que le temps et l’espace, comme la matière et la signification, viennent à l’existence, sont reconfigurés itérativement à chaque intra-action, rendant ainsi impossible de différencier dans l’absolu entre création et recommencement, origine et retour, continuité et discontinuité, ici et là, passé et futur.


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La mémoire ne réside pas dans les dossiers de cerveaux individuels ; la mémoire c’est plutôt les enveloppements d’espace-temps-matière inscrits dans l’univers, ou mieux, les articulations enveloppées de l’univers dans sa matiérisation/différenciation. La mémoire n’est pas l’enregistrement d’un passé figé qui peut toujours être complètement ou simplement effacé, réécrit, ou recouvert (c'est-à-dire retirée ou reprise en notre possession, comme si elle était une chose qui peut être possédée). Et se rappeler n’est pas la rediffusion d’une série de moments, mais l’animation et la reconfiguration du passé et du futur, qui dépassent toute individualité. Le rappel et la reconnaissance ne se chargent pas de nos responsabilités, ou ne les satisfont pas, ou ne les réduisent d’aucune autre façon ; comme toutes les intra-actions, ils élargissent plutôt les enchevêtrements et les responsabilités dont nous sommes partie prenante. Le passé n’est jamais terminé. Il ne peut être emballé comme un colis, ou un album, ou un remerciement ; nous ne le quittons jamais et il ne nous oublie jamais.

 

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Bohr remet en question deux principes fondamentaux sur lesquels s’appuie la notion de transparence de la mesure dans la physique newtonienne : 1) que le monde est composé d’objets individuels avec des frontières et des propriétés déterminées dont les valeurs bien définies peuvent être représentées par des concepts abstraits universels qui ont des significations déterminées indépendantes des spécificités de la pratique expérimentale ; et 2) que ces mesures impliquent des interactions constantes déterminables telles que les valeurs des propriétés obtenues peuvent être attribuées à juste titre aux propriétés préexistantes des objets en tant que séparés des actes d’observation. En d’autres termes, ces principes supposent de croire 1)- au représentationnalisme (l’existence indépendamment déterminée des mots et des choses), 2)- à la métaphysique de l’individualisme (que le monde est composé d’entités individuelles avec des frontières et des propriétés individuellement déterminées), et 3)- à la séparabilité intrinsèque du connaissant et du connu (que les mesures révèlent les valeurs préexistantes des propriétés d’objets existant indépendamment en tant que séparés des pratiques de mesure).

Karen Barad 2007

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Comment une activiste féministe, professeure de physique, prenant Bohr comme personnage conceptuel, si on peut dire, ou intercesseur, et construisant une approche qu‘elle nomme « le réalisme agentiel », permet au travers de la physique quantique et de sa philosophie, de s‘approprier des outils conceptuels nouveaux transformant nos rapports aux savoirs et aux processus de subjectivation, et susceptibles de participer d‘une ontologie éthique???

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Penser avec Barad, c’est croiser avec Haraway, Butler, Preciado, Bourcier, Stengers etc. et pas sans Starhawk, et les Studies qui ont permis leurs approches. Il faut s’appuyer dans chaque pratique discursive sur les meilleures théories dit (à peu près) Barad.


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Nous n‘avons pas de dispositif expérimental au sens de l‘espace purifié du labo comme dirait Stengers, mais n‘avons-nous pas eu des tentations à la purification ?


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Il y a un séminaire de Lacan, (dans Le moment de conclure?) où il dit quelque chose comme (après s’être écarté de la définition classique du langage ) il y a du savoir dans le réel c’est le savoir des choses qui savent comment se comporter (en gros, faut y revenir) et c’est à distinguer du savoir du signifiant. Là, quand il s’agit des « choses » on s’y reconnaît pas avec les signifiants linguistiques, mais dans les embrouilles des ficelles, là, comme Haraway ou selon les expériences de pensées (drôle de truc, je savais pas que ça existait chez les savants), on peut... ça peut être... la magie? Hum...

 

emails échangés au cours de la préparation du workshop

 

 

p u b l i c a t i o n  d u  l i v r e  d e  K a r e n  b a r a d

 

barad iKaren Barad, À la rencontre de l’univers, La physique quantique et l’enchevêtrement matière-signification, traduit de l’américain par Denis Petit.

Tome  1  -  L’AFFAIRE  COPENHAGUE,  Science  et  éthique  de  l’enchevêtrement  matière-signification,

L’unebévue-éditeur, 2020. Supplément au N°37 de la revue L’unebévue, L’habitude du signifiant.

 

 

W o r k s h o p  :  l e m a t i n

 

Présentation du workshop par Mayette Viltard, et projection du film Copenhagen de Howard Davies, sous-titré par Jean-Hervé Paquot. Ce film a été réalisé à partir de la pièce de théâtre Copenhague, de Michael Frayn,1998, texte français de Jean-Marie Besset, Actes Sud-Papiers,1999. Cette pièce sert de contrepoint à Karen Barad pour développer sa lecture de la philosophie-physique de Niels Bohr.

 

L’après-midi

 

Le workshop a été préparé par un certain nombre de personnes. Le débat se développera sur la base du film et des textes envoyés par mail avec ce flyer.

 

T e x t e s  e n v o y é s  ( o u  r é e n v o y é s )  p a r  m a i l  :

 

  • Karen Barad, « La grandeur de l’infinitésimal. Nuages de champignons, écologies du néant, et topologies étranges de l’espacetempsmatérialisant », Multitudes 2016/4 n° 65
  • Jacques Lacan, séminaire Le moi, séance du 25 mai 1955, site de l’elp.
  • Isabelle Stengers, Cosmopolitiques, Tome 4, Mécanique quantique : la fin du rêve, La Découverte, 1997.
  • Préface de Marie-Hélène Bourcier au livre de Donna Haraway, Des singes, des cyborgs et des femmes, la réinvention de la nature, traduit de l'anglais par Oristelle Bonis. ed. Jacqueline Chambon, Rayon Philo, 2009
  • Catherine Chevalley, « Réinventer la sexualité : Remarques sur les derniers écrits de Michel Foucault»,

Revista de Filosoa, Vol. 27 N°1, 2002, pp. 7-41.

  • Catherine Chevalley, «La connaissance a-t-elle un sujet ? Un essai pour repenser l’individu», Revue européenne des sciences sociales, Histoire, philosophie et sociologie des sciences, 2002.
  • Christian Dubois, « De quel bord/Bohr sommes-nous ?», Le bulletin freudien n°43-44, 2004.

 

 

 

participation aux frais pour chaque demi-journée: 10€ - tarif réduit 5€